Troisième génération

Charles Dupuis-Gilbert et Marie Angélique Poulin

Ce texte est reproduit avec la permission de l'auteure, Madame Pierrette Gilbert-Léveillé.

Première Génération
Deuxième Génération

         Charles est le premier enfant de Charles-Joseph et Marie Charlotte JOBIN.  Il est né à Saint-Joseph le 19 décembre 1763 et y est baptisé le 22 par le Récollet THÉODORE.


         Marie Angélique est née à trois heures de l’après-midi le 17 mars 1763, à Saint-Joseph.  Le baptême est le lendemain.


         Ils ont donc 21 ans au moment de leur mariage.


         « Lan mil sept cant quatrevingt cinque le cinque de jeanvier faute de nautaire sur le lieux pardevant nous écrivin sousigné et taimoint siapres nommés furent presante en leur persone le nommés charles gilbert et marie charlot jobain son épousse quil octorise pour leffais des presante stipulante pour charles gilbert leur fils a ce present et de son consantement dune parts et joseph poulin fils et marie angelique rodrile son épousse quil octorisse pour leffais des presante stipulant pour marie angelique poulin leur fille a ce presant et de son consantemant dautre parts les quelles party de leur bongrés et volontés sance aucunne force violance ny contrainte et ce de lavie et deliberation de leur parant et amy… »


         Ainsi commence l’acte des conventions de mariage entre Charles GILBERT et Marie Angélique POULIN, rédigé par Louis PARE en présence des parents, de Jean GILBERT et Michel PROTEAU, oncles de Charles.  Du côté d’Angélique sont présents : Joseph POULIN, son grand-père, son frère Joseph, Étienne POULIN et Pierre RODRIGUE, ses oncles.  Le mariage est célébré à Saint-Joseph le 31 janvier 1785.



Donation des parents


         Le 19 avril 1785, le notaire Louis MIRAY, étant de passage à Saint-Joseph, se rend en la maison de Charles-Joseph, à la demande de ce dernier.  Les parents désirent faire une donation à leur fils Charles et leur bru Marie Angélique.  Ils leur donnent une terre de 3 arpents de front sur 40 arpents de profondeur, située à Saint-Joseph.  Elle est bornée par-devant à la rivière du Sault de la Chaudière, en la profondeur au bout des 40 arpents, joignant du côté nord-ouest à François GILBERT et au sud-est à pareil terrain réservé pour les autres enfants du donateur.  Sont inclus les bâtiments et tous les meubles pouvant leur appartenir à leur décès.  Les parents ont convenu avec eux que tant qu’ils garderont la jouissance de leurs biens ils en sépareront les profits.  Par la suite l’acte mentionne les nombreuses charges et conditions incluses dans la donation.  Fait en présence des partis intéressés, de Joseph fils des donateurs, ainsi que de Claude POULIN.


         Charles, fils, profite du passage du notaire pour déposer en son étude l’acte des conventions de mariage qu’il avait passé sous seing privé.  Il faut croire que Charles et Marie Angélique ont commencé leur vie de couple à Saint-Joseph, près des parents.  Au moment de cette donation Angélique est toute heureuse de leur annoncer qu’elle attend un enfant.


         Six mois plus tard, les donataires réalisent qu’ils ne peuvent soutenir les charges acceptées avec la donation.  Ils se désistent donc de leur plein gré et volonté, de tous droits qu’ils pouvaient avoir et prétendre en ladite donation au profit des donateurs.  L’acte est rédigé par le notaire Louis MIRAY, le 27 octobre 1785.


         Au moment du désistement de Charles, père, mentionne avoir donné à son fils une terre située à Saint-François, en la seigneurie RIGAUD-VAUDREUIL.  Il s’agit de cette terre achetée de Joseph MINVILLE en 1780.  De 3 arpents par 40 arpents, elle est bornée devant au sud-ouest de la rivière du Sault de la Chaudière, par derrière au bout des 40 arpents, au nord-ouest à Jean POULIN, au sud-est aux terres non concédées.  Sur cette terre il y a une maison de 14 pieds par 17 pieds, pièces sur pièces.  Les bâtiments consistent en une grange déjà existante et une petite étable de 15 pieds carrés, à construire.



C’est une fille


         Le 30 novembre, à Saint-Joseph, Charles fait baptiser leur premier enfant.  Une petite fille née la veille.  Elle s’appellera Angélique, comme sa mère.  Le parrain est Charles, son grand-père paternel, et la marraine Angélique RODRIGUE, sa grand-mère maternelle.


         Par la suite Charles s’installe à Saint-François, sur la terre qu’il a reçue de ses parents.  La population est à ce moment de près de 500 habitants.


         Deux ans plus tard c’est un fils qu’il fait baptiser.  La famille continuera d’augmenter aux 20-24 mois.  Le seul enfant qui ne survivra pas est le sixième, Louis.  Il décède à l’âge de trois jours.


         Le 11 février 1794, Charles dépose un acte d’échange en l’étude du notaire Louis MIRAY.  Sous seing privé le 26 juillet 1788, il avait échangé avec Zacharie BOLDUC une terre située à Saint-François.  En contre échange, il recevait une terre et concession de 3 arpents sur 40 arpents en la seigneurie RIGAUD-VAUDREUIL, bornée d’un côté à Ignace GAGNON et de l’autre à Paul BOURQUE, avec dépendances et bâtiments.


         La population de Saint-François augmente assez rapidement.  En 1802, se retrouvent 180 familles et 1900 âmes.  Le curé est encore résident à Saint-Joseph.  On est à terminer la première église de pierre qui remplacera la chapelle de bois.  De 100 pieds par 40 pieds elle compte 130 bancs et s’y ajoute une première sacristie de 27 pieds de long.  L’année suivante, année de l’ouverture de cette église, est baptisé Gaspard le dernier enfant de Charles et de Marie Angélique.



Autres terres


         Louis René CHAUSSEGROS DE LERY octroie une concession à Charles.  Premièrement, une terre de 3 arpents par 40 arpents, située sur le côté nord-ouest de la rivière, à 2½ arpents de la rivière Touffe de Pin.  Cette terre est bornée au devant à la rivière, au sud-est à une terre concédée en 1774 à Paul BOURQUE, au nord-ouest… Aussi il lui accorde une part de la grande île, consistant en 2 arpents de front sur sa largeur.  Le contrat est passé devant le notaire John WALSH le 15 août 1809.


         Le premier mariage dans la famille a lieu en 1810.  Angélique, 24 ans, épouse Jean-Baptiste FORTIN fils de François FORTIN et de Marie-Louise BUSQUE.  En décembre, Charles et Marie Angélique deviendront grands-parents avec la naissance d’Adélaïde FORTIN.  Un mois plus tard, le 29 janvier, leur deuxième fille, Charlotte, se marie à Jean-Baptiste PEPIN.


         Le 23 janvier 1812, Charles et Marie Angélique se rendent à Saint-Joseph.  Marie Charlotte JOBIN, leur mère et belle-mère, est décédée à l’âge de 73 ans.



Mariage de Charles, fils


         Un an plus tard le 21 février 1813 Charles, fils, se rend avec ses parents chez Godfroy BERNARD, meunier de Saint-François.  Le notaire John WALSH est présent et il rédigera son contrat de mariage avec Marguerite VEILLEUX.  Charles a 25 ans et Marguerite aura bientôt 17 ans.  En cette même occasion les parents donnent à leur fils :  une terre de 2 arpents par 40 arpents située à Saint-François dans le fief Sainte-Barbe, côté nord-est de la rivière Chaudière.  Elle est bornée devant à ladite rivière, derrière au bout des 40 arpents, au nord-ouest à Augustin FORTIN et au sud-est à Joseph DUPUIS-GILBERT, avec les bâtiments dessus construits.  Charles et Marguerite renoncent par le fait même à la succession des parents.  L’acte est fait en présence de Godfroy BERNARD et Pierre THIBODEAU, garçon majeur, tous deux de Saint-François.  Le mariage de Charles et Marguerite est célébré à Saint-François, le lundi 1er mars.


         Joseph VACHON-POMERLEAU fils de Michel, fréquente Barbe leur troisième fille, depuis déjà un certain temps.  Aussi on n’est pas surpris lorsqu’ils expriment le désir de s’épouser.  Ils demeureront à Saint-François.  Quelques mois plus tard Joseph, leur second fils, épouse Rosalie VEILLEUX.


         Mais une vie de famille est parsemée de joies et aussi de peines.  Le 18 mars 1815 les parents subissent une grande épreuve, leur fille Charlotte décède cinq mois après la naissance de Marcelline.  Elle avait eu deux autres enfants :  un garçon qui n’a vécu que 2 mois et une autre fille, Véronique.  On l’enterre le 20 à Saint-François.  Jean-Baptiste, son époux, se remariera.



Le temps de faire ses papiers


         Quelle année que celle de 1819!  Charles et Angélique sont maintenant âgés de 55 ans.  Pour eux, il est temps de faire des papiers.  Le 26 janvier en après-midi le notaire John WALSH se présente chez eux comme ils en avaient fait la demande.  Charles et Marie Angélique, vous l’avez deviné, désirent faire leur testament.  Les formules sont les mêmes pour les deux testaments.  La seule différence est au sujet de l’exécuteur testamentaire :  Charles a nommé Charles POULIN, son beau-frère.  Voici une partie du testament d’Angélique :


         « … La quelle dans la vue de la mort craignant d’en être prévenue sans avoir disposé de ses dernières volontés, afait dicté et nommé au dit Notaire, présence des dits témoins son présent testament de mot à mot ainsi quil suit.  Premièrement comme chrétienne, catholique, apostolique et Romaine la dite Dame Marie Angélique Poulin testatrice recommande son ame à Dieu tout Puissant, suppliant sa Divine Majesté par les merites infinis de Jésus-christ de lui pardonner ses pêchés et lui accorder la béatitude éternelle.  Ordonne la dite testatrice que ses dettes soient payées, et torts si aucuns se trouvent reparés sur ses biens par son Exécuteur testamentaire ci-après nommé auquel elle s’en rapporte pour son inhumation qui sera précédé d’un service ordinaire, après lequel le dit Exécuteur testamentaire fera dire quarante messes basses de requiem pour le repos de son ame, qui seront célébrées le plutôt possible après le décès de la dite testatrice, Donne et lègue la dite Testatrice par son présent testament à huit de ses enfants nommés Marie Angélique Dupuis épouse Jean Fortin, aux enfants issus du mariage de Jean Pepin et Marie Charlotte Dupuis, Marie Barbe Dupuis épouse de Joseph Vachon dit Pomerleau, Catherine, Mairance, Léger, Olivier, Gaspard Dupuis, à chacun des sus nommés la somme de dix huit piastres d’Espagne, que la dite testatrice leur réserve de sa succession future quelle veut et entend leur être payée au bout d’un an de son décès… »


         Puis elle nomme Charles, son époux, son légataire universel.  L’exécuteur testamentaire sera Antoine MORIN, un ami.  Le testament est dicté en présence de Christoff KAUFOLT (signe Kauffotz), maître d’école et Thomas PEPIN, forgeron.


         Mais voilà que les choses changent lorsque Léger leur annonce son intention de se marier prochainement.  Aussi au moment du passage à Saint-François du notaire WALSH, Charles et Marie Angélique résilient leur testament et en font un autre.


         Par ce deuxième testament daté du 2 juillet 1819, ils nomment leur fils Léger leur légataire universel et exécuteur testamentaire.  En même temps ils lui font une donation par laquelle Léger reçoit en premier cette terre que son père avait reçue en concession en 1809.  Aussi ils lui donnent à savoir :


         « Une isle communément appellée l’isle aux gêpes sise et située en les dites paroisse et seigneurie…… les articles de meubles et animaux suivants, savoir, six vaches à lait, une taure de deux ans, une taure d’un an, deux taures de l’année, une paire de bœufs de quatre ans, une paire de bœufs de trois ans, et une autre paire d’un an et une autre paire de bœufs de l’année, une jument de sept ans, un cheval de treize ans, vingt moutons, vingt deux jeunes moutons de l’année, quatre grands porcs, quatre petits cochons de l’année, trente quatre poules et le coq, un poïle de fer de deux pieds et demi avec le tuyau, trois grands chaudrons à sucre dont un est petti dans le haut, un chaudron d’un sciau et demi, un autre d’un sciau et un autre de trois quarts de sciau, une marmitte d’un sciau, et une autre d’un sciau cassée, une bombe de fonte, une chaudiere de fer-blanc, deux poëles à frire qui sont raccommodées, quarante et une terrines de fer-blanc, douze assiettes defaiance, un plat detin faillé, un plat de fer-blanc, deux plats de terre, six terrines de terre, douze bouteilles, une caraffe, cinq verres, deux cruches, une caffiere de fer-blanc, usée, un pot et une tasse à boire, quatorze cuilleres, huit fourchettes de fer, une cuillere à pot de fer, une lampe neuve, une vieille lampe, un vieux fanal, onze tasses de faiance à thé, un thé pot de faiance, six sciaux neufs, huit grandes cuves, trois gr…, deux salloirs, cinq tinettes, une barate, deux bidons de six pots chaque, un baril de quatre pots de chêne cerclé en bois, trois tarrieres, deux herminettes, trois bacquets neufs, quatre hache bonnes à bucher, et une autre vieille, cinq pioches, deux langues de bœuf, une plaine, une egoine, un sciot, une scie de travers, une paire de tenailles, un marteau, une bidanne, un siseau, six faucilles, trois faulx, trois vieux canots pour mettre du grain, un vieux métier à toile greyé pour l’étoffe et pour la toile, un vieux sac de fil d’alton, un crible pour peau de mouton, douze chaises tant que de bonnes que de mechantes, un fauteil neuf, un petit miroir, un rabot, une paire de bouvets à planches, tous les outils qu’il faut pour le métier d’un tonnellier, un fer à flasquer, une paire de cardes, un chandellier de fer battu, un moule à chandelles, un cent de planches tant de planches que de madriers de pin et depinettes, six coffres tant bons que mauvais, une grande armoire, une vieille armoire, une paire de chenests et une pelle de fer, une ferrée, une berline ferrée, une vieille cariole ferrée, avec les menoires des dites voitures, trois traines avec les menoires, un vieu traineau avec les menoires, une charrette neuves avec les roues bandées et frittées, une petite charrette vieille avec les roues bandées, boitées et fritées, deux grandes charrettes avec les roues boittées et frittées, avec une charue neuve, une vieille charue, grayées, une paire de rouelles boittées et frittées, un bon harnais complet commun, trois vieux harnais complets pour travailler, trois paires de courrois tant de vieilles que de neuves, deux paires detrais de cuir d’arignalle, deux demi-minots, quatre petites bailles, tant de bonnes que de mauvaises, une vieille huche, un bon fusil avec une bonne corne, un lit garni, un autre pas garni, avec chacun trois couvertes de petite étoffe, un rouet à filer, une vieille robe de cariole et deux oreillers de cariole, huit paires de draps tant de vieux que de neufs, trois paires de siseaux tant de vieux que de neufs, une meulle usée pour àffiller les haches, six breilles, six nappes, et généralement tout les autres meubles et meublans qu’ils possedent présentement et tous autres biens de quelques especes et valeur qu’ils soient et puissent être qu’ils délaisseront au jour et heure de leur décès sans aucune réserve…


         Puis, suivent les six pages de charges.


« Cette donation est faite à la charge par le dit donataire de payer à l’avenir les cens et rentes et autres droits seigneuriaux que les terreins peuvent et pourront être tenus de payer au seigneur de qui ils relevent, à la charge en outre par le dit donataire donner à trois de ses sœurs nommées Marie Angélique Dupuis dite Gilbert épouse Jean Bte Fortin, Catherine Dupuis dite Gilbert, Mérance Dupuis dite Gilbert, et aux enfants issus du mariage d’entre Jean Pepin et défunte Charlotte Dupuis dite Gilbert, Olivier et Gaspart Dupuis dit Gilbert ses freres à chacun la somme de quarante piastres d’Espagne, dont la moitié sera payée au décès du premier mourant des dits donateurs et l’autre moitié au décès du dernier mourant des dits donateurs, s’oblige de plus le dit donataire livré à chacun de ses freres les animaux et effets suivants, savoir, un poulin de deux ans, à chacun un veau d’un an, et à chacun une pioche, une hache, un coffre, et à Catherine Dupuis dite Gilbert une de ses dites sœur, une vache laitiere, une mère moutonne, un lit plume garni tel quil sera, avec une couchette, une paire de draps, deux couvertes de petite etoffe, deux nappes, un traversin et deux oreillers et une paillasse, un coffre et un rouet à filer, qui seront donnés par le dit donataire aussitôt qu’elle sortira de la maison paternele, les meubles et animaux assignés et donnés aux dits deux garçons leurs seront fournis et livrés lorsqu’ils atteindront leur age de majorité les quels droits sus spécifiés sont pour tenir lieux de droits légitimaires paternels et maternels que les sus nommés peuvent et pourront avoir et pretendre dans les successions des dits donateurs leurs pere et mere.  Expressement convenu entre les dites parties que si le dit donataire venait abandonner la présente donation pour quelque cause que ce puisse être, en tel cas alors il sera obligé ainsi qu’il s’y oblige de remettre aux dits donateurs les terreins, meubles et animaux sus donnés et spécifiés en létat qu’ils sont présentement, sauf l’usure des meubles et la mort imprévue des animaux, à peine de tous dépens dommages et intérets, Convenu de plus entre les dites parties que les dits donateurs et donataire vivront en communs et ne feront que le même pot et ordinaire tant que la bonne intelligence regnera entr’eux, mais arrivant incompatibilité d’humeur entr’eux, en tel cas et alors le dit donataire sera obligé de fournir et livrer aux dits donateurs leurs vies durans la pension viagere composée des articles et effets suivans, savoir, vingt quatre minots de bled net sec loyal et marchand mesure française livrables de trois mois en trois mois à commencer à être fournis à la St-Michel de l’année que les dits donateurs se metteront à leur particulier, le dit bled sera converti en farine transporté en le grenier des dits donateurs avec le son et grût en provenant, deux minots de pois cuisans, mesure française, un porc de cent cinquante livres au poid français avec la panne, un quartier de vache ou de bœuf, au choix des donateurs de prendre celui devant ou derriere, la viande d’un jeune mouton pas degraissée, vingt douzaines d’œufs, un minot de sel, quarante livres de sucre, une livre de thé vert du magasin, une livre de café, douze minots de patates, un cent d’oignons tournés, cinquante choux pommés, douze livres de beurre salé au poids français, quatre livre de sain doux, une demie livre de poivre, vingt livres de tabac à fumer, six anguilles, un saumon et une poignée de mourue verte d’un écu, douze pots de rum, deux pots de vin rouge, cinq pots d’huile à éclairer, un demi papier d’épingles, quatre éguilles, une demie livre de fil du pays, trois échevaux de fil fin, et six cordes de bois franc et dix huit cordes de bois moux de deux pieds et demi d’une pointe à l’autre, buchées et fendues en bonne saison, transportées à la porte des donateurs et entré dans leur chambre, et mis dans leur poêle et ce sera quand le donateur ne sera pas capable de l’entrer ni mettre dans son poële, à la charge en outre par le dit donataire de fournir et livrer au dit donateur sa vie durant les articles et effets suivans, savoir, un Jack, une paire de cullottes et une veste de grosse etoffe du pays, deux chemises de toile de brin du pays, trois paires de soulliers de peau de bœuf tannée avec les pieces et la babiche pour les raccomoder, une paire de bas et deux paires de chaussons de laine du pays, et une paire de mitaines de cuir et d’étoffe et un chapeau de paille, ces articles seront fournis tous les ans, un bonnet drapé et un chapeau de laine, un bonnet tricotté tous les deux ans, un mouchoir de soie pour le cou et un mouchoir de poche, une chemise de coton barré et une paire de cullottes et une veste de petite étoffe comme le dit donataire en fera tous les trois ans, et un capot de grosse etoffe tous les quatre ans, lesquels hardes linges et chaussures seront faits et raccommodés par le dit donataire, et de fournir à dite donatrice sa vie durant les articles et effets suivans savoir, un habillement complet de grosse etoffe ou de petite étoffe à son choix, deux chemises de peigneure, trois paires de soulliers de peau de vache ou de bœuf tannée avec les pieces et la babiche pour les raccommoder, une paire de bas, deux paires de chaussons de laine du pays, une caline de basin, une caline d’indienne avec la garniture complette, un mouchoir commun, pour le cou et un chapeau de paille, ces articles seront fournis tous les ans, une paire de mitaines de laine du pays, un corcet de petite étoffe ou de grosse étoffe à son choix, une paire de poches de petites étoffe, une paire de chaussette, un mantelet d’indienne, un schal propre et une coiffe de lin avec la garniture complette et une verge et un quart de ruban noir pour y faire un sertête tous les deux ans, un mouchoir de poche tous les trois ans, une paire de soulliers français tous les quatre ans, une plisse d’indienne avec la doublure faite et une cloque de drap viné d’une piastre la verge doublée et livrée faite et une paire de bas propre de trois chelins, ces articles seront fournis tous les cinq ans, lesquels articles et pension viagère seront fournis tous les ans, à commencer lorsque les donateurs se metteront à leur rente, sera obligé le dit donataire de donner aux dits donateurs la somme de quatre piastres par année leurs vies durant à commencer le premier payment quand ils se metteront à leur rente, bien entendu que la dite somme diminuera de moitié au décès de l'un des dits donateurs, s'oblige de plus le dit donataire, de garder ses deux freres et Catherine sa sœur avec lui jusqu’à ce qu’ils soient pourvus par mariage, les nourrir, loger, coucher, chauffer, et entretenir de hardes linges et chaussures selon leur état, en par eux travaillant pour le dit donataire selon leurs force, santé et capacité, sera obligé le dit donataire de soigner les dits donateurs tant en santé qu’en maladie, et leur procurer tous secours spirituels et temporels, traire leur vache, couler leur lait, faire leur beurre, faire leur ordinaire, cuir leur pain, dresser leur lit et entretenir proprement de couvertes et de draps au besoin et de raccomoder et blanchir leur linges et raccomoder leurs hardes au besoin et d’entrer dans leur chambre l’eau dont ils auront besoin.  Se réservent les dits donateurs leurs vies durant l’usage et la jouissance des articles et effets suivants, savoir une perche demie de terre de longueur deux perches de large à prendre dans le font le long de la ligne de Paul Bourque que le dit donataire sera obligé de labourer ou de piocher et fumer au besoin à la demande des dits donateurs, et les tenir clos et tant que les dits donateurs en auront la jouissance qui sera jusqu’à leur décès, une chambre, un lit garni tel qu’il est, un poële de fer avec le tuyau, huit terrines de fer blanc, quatre assiettes de faience, deux plats de fer blanc, quatre cuilleres, quatre fourchettes, six bouteilles, un chandellier, un miroir, une lampe, une poële a frire, un chaudron à soupe, une marmitte, une hache, une pioche, un fusil avec la corne, tous les ustansils de tonnellier que le donateur possède présentement, une paire de chenests, une bombe, deux sciaux, une tasse a boire, une paire de sizeaux, trois bolles à choisir avec leurs soucouppes, une caffiere, une table, six chaises, un fauteil, un couloir, une huche, un fer à flasquer, une paire de cordes, deux coffres, un rouet, une grande armoire, deux verres, la jouissance conjointement avec le donataire de la cave, du four et de la laitterie, et le droit de vasquer à la cuisine pour y faire tous les tour porages dont ils auront besoin, et le droit de passer par les portes du donataire sans interruption, une vache laitiere à choisir qui sera paccagée, hivernée et renouvellée en cas de besoin, une mère moutonne qui sera paccagée, hivernée et renouvellée au besoin par le dit donataire, les écroits et produits des dites vache et moutonne appartiendront aux dits donateurs, un cheval capable en toutes saison de l’année dont le dit donataire s’en servira lorsque les donateurs n’en auront pas besoin, qui sera paccagé, hiverné, et renouvellé au besoin par le dit donataire, un harnais convenable, et des voitures commodes et convenables aux saisons qui seront entretenues par le donataire, lequel cheval sera attelé et détellé par le dit donataire à la demande des donateurs, et lors que le dit donateur ne sera pas capable de mener le dit cheval, le dit donataire sera obligé de les mener et ramener au service d’un dimanches et les fêtes et partout ailleurs où ils auront besoin d’aller, cela en voitures commodes et convenables aux saisons sans excepter les saisons, au décès d’un des dits donateurs la rente ci-devant mentionnée diminuera de moitié excepté la chambre, le lit, le poele de fer, le tuyau, la batterie de cuisine, le morceau de terre, la vache, la mere moutonne, le cheval, les voitures et le harnais et les obligations et réserves qui seront propres et nécessaires au survivant des dits donateurs ne diminueront point, au décès des dits donateurs le dit donataire sera obligé de les faire inhumer dans le cimetiere de la paroisse où ils decederont qui sera précédé d’un service ordinaire pour chacun d’eux, et après il leur fera dire vingt cinq messes basses pour chacun, qui seront célébrés dans le cours de l’année de leur décès.  Convenu entre les dites parties que les hardes et linges que les dits donateurs délaisseront au jour de leur décès seront vendus, et les deniers en provenans seront employés à faire dire des messes basses pour le repos des âmes des dits donateurs….Léger signe. »


         Nous apprenons que Charles pratiquait le métier de tonnelier et que lui et Marie Angélique finiront leurs jours avec leur fils Léger.  J’ai retranscris cette donation comme modèle car elles se ressemblent à peu près toutes.


         Le 13 du même mois, on va aux noces!  Jean-Marie BUSQUE et Marguerite VEILLEUX ont accepté de donner la main de leur fille à Léger.  C’est Adélaïde, aussi appelée Adée.  Elle a été baptisée à Saint-Joseph le 3 septembre 1800.  Mais ce jour là il y a double mariage!  Avec eux se marie Emérance, surnommée Mérance, la sœur de Léger.  Le futur est connu de la famille puisqu’il s’agit de Louis, le frère de Rosalie VEILLEUX, épouse de Joseph.


         Il y a maintenant plus de quinze petits-enfants.  Deux fils restent à marier.  Le premier sera Olivier qui épousera Marie-Anne RODRIGUE, le 13 janvier 1824.  Puis le dernier, Gaspard se marie aussi à Saint-François, mardi le 27 septembre 1825.  L’élue est Marie Charlotte VEILLEUX, sœur de Louis et de Rosalie.  Un fait à noter :  tous se sont mariés un mardi à l’exception de Charles.  Habituellement les mariages se célébraient très tôt le matin, vers sept heures trente.



Décès d’Angélique


         Angélique n’est plus.  Âgée de 66 ans, elle décède le 1er octobre 1829 et repose au cimetière de Saint-François.  On retrouve l’acte de sépulture dans le registre de cette paroisse, le 3 octobre.


         La maison déjà si pleine paraît maintenant vide.  Seul les cinq enfants de Léger donnent un peu de vie.  Le 27 septembre 1831, Charles donnent à son fils Léger, une quittance de rente viagère, suivant la donation qu’il lui avait faite en 1819.


         Les colons de la Beauce sont pauvres et l’agriculture est en mauvais état.  Saint-François compte un peu plus de 2200 habitants et il y a trois écoles.


         Le 14 mai 1833 toute la famille est là pour rendre un dernier hommage à leur père.  Charles est décédé le 12, dans sa paroisse où il reposera près d’Angélique.



Les enfants nés de Charles et de Marie Angélique :


Angélique : née le 29 novembre 1785, baptisée le 30 à Saint-Joseph.  Elle épouse à Saint-François le 27 février 1810, Jean-Baptiste FORTIN.  Il est le fils de François FORTIN et Marie Louise BUSQUE.

                   Le 4 juin 1853 décède Jean-Baptiste âgé d’environ 67 ans.  On l’enterre le 6 à Saint-François.

                   Elle décède au même endroit le 2 mai 1867, après quatorze ans de veuvage.  Sa sépulture a lieu le 4.


Charles : né et baptisé le 23 décembre 1787, à Saint-François.  C’est au même endroit qu’il épouse Marguerite VEILLEUX, fille de Basile VEILLEUX et de Marguerite THIBODEAU.  La cérémonie a lieu le 1er mars 1813.  Ils décèdent à Saint-Georges et y sont enterrés.  Elle le 14 janvier 1867 et lui le 12 février 1872.  Ils ont 13 enfants.


Marie Charlotte : née le 2 janvier 1790 et baptisée le 3 à Saint-François.  Le 29 janvier 1811 à Saint-François, elle épouse Jean-Baptiste PEPIN fils de Louis PEPIN et de Marguerite LEPIRE.  Elle décède au même endroit quatre ans plus tard.  Sa sépulture a lieu le 20 mars 1815.


Barbe : est baptisée à Saint-François le 3 octobre 1791 à l’âge de six jours.  Se marie dans son village natal le 3 mai 1814 avec Joseph VACHON, fils de Michel VACHON et de Marie Angélique LESSARD.  Elle y décède le 23 janvier 1833 et y est enterrée deux jours plus tard.  Lui décède en 1837 et est enterré le 11 décembre, à l’âge de 50 ans.


Joseph : né le 30 avril, il est baptisé le 1er mai 1793 à Saint-Joseph.  Il épouse à Saint-François en 1814, Marie Rosalie VEILLEUX, fille de Pierre VEILLEUX et de Marie-Anne GAGNON.


Louis : né et baptisé à Saint-François le 31 mars 1795.  Il ne vit que quatre jours.  Sa sépulture a lieu le 4 avril 1795.


Léger : né le 3 mai 1796, il est baptisé le lendemain à Saint-François.  Il s’y marie le 13 juillet 1819 avec Adélaïde BUSQUE, alias Adée.  Elle est la fille de Jean-Marie BUSQUE et de Marguerite VEILLEUX.  Ils auront 12 enfants.

                   Adélaïde décède le 22 avril 1864 et est enterrée le 24 à Saint-François.

                   En secondes noces, il épouse Philomène VEILLEUX, fille de Charles VEILLEUX et de Lucie LETOURNEAU.  La cérémonie a lieu le 26 octobre 1868, à Saint-François.  Léger prêtait de l’argent, faisait le commerce des terres, «était aux affaires » si l’on en juge par le nombre de contrats que l’on retrouve. Léger marguillier sortant le 11 décembre 1831 laisse avec 1535 livres de recettes et 1054 livres de dépenses.

                   Il décède le 13 septembre 1874 et est enterré le 15 dans sa paroisse.


Catherine : née le 11 mars 1798 et baptisée le 17 à Saint-Joseph.  Elle épouse Olivier LOUBIER fils de Joseph LOUBIER et de Charlotte VEILLEUX, à Saint-François le 2 octobre 1821.  Elle décède le 9 mars 1880 et sa sépulture a lieu le 11 à Saint-François.

                   Olivier décède deux jours après la sépulture de son épouse et est enterré le 15 mars 1880 au même endroit.


Emérance : née le 14 novembre 1799 et baptisée le 15 à Saint-François.  C’est dans sa paroisse natale qu’elle épouse Louis VEILLEUX fils de Pierre VEILLEUX et de Marie-Anne GAGNON, le 13 juillet 1819, sous le nom de Mérance.  Louis décède le 24 mars 1871 à l’âge de 77 ans environ.  Elle décède le 28 juillet 1882 et sa sépulture a lieu à Saint-François le 31.


Olivier : baptisé à Saint-François le 8 juin 1801, jour de sa naissance.  Il épousera Marie-Anne RODRIGUE le 13 janvier 1824 à Saint-François.  Elle est la fille de Charles RODRIGUE et de Marie-Anne VEILLEUX.

                   On retrouve la sépulture de Marie-Anne à Saint-François le 4 octobre 1861.  Olivier est enterré en 1884 au même endroit et lui aussi le 4 octobre.  Ils ont eu 14 enfants.


Gaspard : né le 1er mars 1803 il est baptisé le 3 à Saint-François.  C’est dans sa paroisse qu’il épouse Marie Charlotte VEILLEUX, le 27 septembre 1825.  En 1831, il est dit cultivateur de Saint-Georges.  Charlotte décède le 12 mai 1862 et est enterrée deux jours plus tard à Saint-Georges.  Gaspard est enterré le 26 juillet 1881, au même endroit.

                   Une autre belle famille, 11 enfants.


Première Génération
Deuxième Génération